Home Actu Lebron James : quand l’inévitable se produit

A quelques heures du 4ème match des finales NBA 2017, Lebron James s’apprête à vivre une 5ème défaite à ce stade de la compétition. Revivre un 4-0 serait très douloureux pour le « King ». La bande à Steph Curry et Durant lui donne un récital, mais qu’est ce qui a rendu ceci possible?

 

L’EXEMPLAIRE

 

Lebron James est probablement le meilleur joueur de basket sur la planète Terre depuis 10 ans maintenant.

 

Lebron James est un des plus grands athlètes de tous les temps. A l’inverse d’un Michael Jordan, c’est un homme généreux – il va payer le cursus universitaire de 1100 gamins de sa ville, 40M$ d’investissement, c’est sans précédent – et un citoyen impliqué- il a soutenu la campagne d’Hillary Clinton et a ouvertement critiqué la politique de Trump -, un modèle pour la jeunesse – pas une seule histoire de meurs ou de mauvaise conduite durant toute sa carrière malgré une surexposition médiatique depuis ses 14 ans.

 

Lebron James a déjà participé à 8 finales NBA, cette année il joue sa 7ème finale consécutive.

 

Lebron James a 3 bagues de champion NBA, il joue pour en gagner une 4ème et se rapprocher de ce titre de meilleur joueur de tous les temps que Jordan garde encore jalousement sous le coude. Mais, il va échouer lamentablement dans sa quête de titre cette année et il risque d’échouer encore de nombreuses fois les années suivantes et ça, c’est à cause de… Lebron !

 

LA FISSURE

 

Difficile à croire pour la planète sport et même pour la planète basket et pourtant les preuves sont là. Depuis sa création, la NBA se repose sur la rivalité entre ses équipes et l’esprit de compétition exacerbés de ses joueurs et particulièrement de ses stars. Celles-ci deviennent le visage de leur équipe et font tout pour battre les autres « stars » et remporter le sésame ultime.

 

L’ego, la fierté, la prétention même de nombreux joueurs, des Michael Jordan, à Magic Johnson jusqu’à récemment Kobe Bryant faisaient qu’il était difficile d’être sensible aux liens d’amitiés qui unissaient certains d’entre eux quand il s’agissait de gagner un match de basket et sur le terrain ces forces de la nature ne se faisaient aucun cadeau.

 

Lebron est arrivé, il a dominé, il s’est toujours comporté en athlète modèle et…. Il a changé la donne.

 

Lebron compte des joueurs de la NBA parmi ses amis les plus proches. Dwayne Wade, Chris Bosh, Chris Paul, Carmelo Anthony sont tous comme des frères pour lui. De tels liens existaient entre d’autres stars par le passé.

 

Ce que Lebron a changé, ce qu’il a « cassé » dans la NBA, il l’a fait en 2011.

 

Cette année-là, Lebron est « free-agent », donc libre de tout contrat avec son employeur, la franchise NBA de Cleveland: les Cavaliers. Lebron a toujours crié son amour à sa ville (il est né dans sa banlieue, Akron)  et beaucoup pensaient qu’il allait y rester malgré 7 années infructueuses à livrer le titre à la ville tel qu’il l’avait promis.

 

Cataclysme: Lebron décide d’aller jouer avec ses deux potes Dwayne Wade et Chris Bosh à Miami !

 

Sur le plan sportif, c’est un succès, puisque il participe à 4 finales de suite avec cette équipe du Heat et gagne 2 titres NBA. Il devient ennemi pendant un temps mais rachète ses péchés comme seul un héros Américain peut le faire, en annonçant son retour à la ville de son cœur l’année suivante. Il emmène les Cavaliers alors à 2 finales consécutives et finit par apporter le titre tant attendu (la ville n’avait pas eu de titre majeur dans les 4 sports US majeurs depuis 52 ans !!) comme il l’avait promis 12 ans plus tôt.

 

 

Lebron a réussi à gagner à Cleveland cette fois-ci car il a reproduit le modèle qui l’avait fait gagner à Miami: jouer avec 2 autres « All-Stars » du calibre des 2 précédents. Mieux: Lebron a quasiment les clés de la maison, il sélectionne la moitié de l’équipe et choisit les profils avec qui il souhaite s’associer (il faut dire que les joueurs NBA adorent jouer avec lui aussi).

 

LE MODÈLE, LA « BLUEPRINT »

 

A chaque action, une réaction. Les stars que Lebron a battues, directement ou indirectement, pendant ce long règne, ont observé son parcours. Elles ont observé les réactions du public et de la presse. Au final elles sont arrivées à la même conclusion: ce qui compte dans le sport US, c’est la gagne, ce sont les titres, tout le reste est secondaire.

 

Toutes les stars qui avaient des scrupules à quitter leurs équipes « de cœur » n’en avaient plus. On a vu des transferts mirobolants s’opérer ces dernières années, ce qui a créé une fissure sans précédent dans la Ligue. D’un côté une poignée d’équipes qui comptaient 3 ou 4 stars et d’un autre une horde d’équipe sans la moindre star, sans talent, qui finissent avec des bilans catastrophiques.

 

Kevin Durant: « J’ai suivi l’exemple de Lebron »

 

Durant est le 2ème meilleur joueur au monde. Il jouait avec l’équipe d’Oklahoma. Son équipe l’année dernière, après avoir eu 3 occasions de gagner, s’est faite battre par les Golden State Warriors, qui eux-mêmes allaient se faire battre par Lebron en finales. Durant était « free-agent » à la fin de la saison justement. Il a fait ce qu’il n’aurait jamais osé faire avant, mais qui est devenu possible depuis 2011. Durant a signé aux Golden State Warriors, qui comptaient déjà 3 all-stars dont un double-tenant du titre de meilleur joueur de l’année (Stephen Curry).

 

Une saison plus tard, Durant est en finale NBA avec les Warriors. Son équipe mène celle de Lebron 3 matches à 0 dans une série aux meilleurs des 4 victoires. Ils vont certainement être champions en 1 ou 2 matches.

 

Kevin Durant a suivi « the blueprint », le modèle que Lebron a établi, et aujourd’hui la NBA se résume à 2 équipes: les Warriors et les Cavaliers, et les 1ers démontrent qu’ils ont eux-mêmes deux ou trois crans d’écarts avec les seconds.

 

LA MENACE QUI PLANE SUR LA NBA

 

Il n’y a plus de suspens en NBA. Il y a un fossé gigantesque entre les 2 meilleures équipes et le reste de la Ligue. La NBA doit réagir, mais comment ? Les droits des joueurs sont chaque années plus forts et mieux protégés, et la NBA risque de piétiner les libertés de choix de ses stars si elle essaye de réguler le marché des transferts.

 

Pour autant, une régulation est nécessaire. Autrement, nous allons voir une équipe comme les Warriors gagner le titre 5 ou 6 années d’affilées avec des écarts colossaux. On aime les grands champions, mais on les aime dans l’adversité.

 

Lebron est un immense champion mais bientôt il ne le sera plus. Son pouvoir sur la Ligue s’est finalement retourné contre lui. Il faut un changement.

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